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EXCLUSIF ! AVORTEMENT, RAMED, CLINIQUES PRIVÉES, LES VÉRITÉS DE HOUCINE EL OUARDI

 
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DR IDRISSI MY AHMED
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MessagePosté le: Lun 6 Avr - 17:13 (2015)    Sujet du message: EXCLUSIF ! AVORTEMENT, RAMED, CLINIQUES PRIVÉES, LES VÉRITÉS DE HOUCINE EL OUARDI Répondre en citant

EXCLUSIF ! AVORTEMENT, RAMED, CLINIQUES PRIVÉES, LES VÉRITÉS DE HOUCINE EL OUARDI




06/04/15 publié par LNT
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SANTÉ ET SCIENCES













Le Ministre de la Santé, le Dr Houcine El Ouardi, est un homme de convictions et d’action. À la tête d’un département ministériel ô combien sensible et problématique, il a su, avec succès dans la plupart des cas, imprimer sa marque et ses idées, malgré les résistances et les lobbies qui sont aussi forts que nombreux dans ce secteur. Ce n’est donc pas pour rien que Houcine El Ouardi est l’un des ministres les plus connus et les plus populaires au sein de l’opinion publique nationale ! Il livre donc ci-après, en exclusivité pour les lecteurs de www.lnt.ma et de La Nouvelle Tribune, ses positions sur des questions d’une actualité brûlante, aux enjeux cardinaux. FY
 
La Nouvelle Tribune :
La récente décision royale de confier à vos collègues de la Justice, M. Ramid et des Habous, M. Taoufik, ainsi qu’au président du CNDH, M. El Yazami, la mission de préparation d’une refonte de l’Article 453 du Code pénal, satisfait très certainement de nombreuses franges de la société civile.  Cet article, permet dans sa mouture actuelle l’avortement, mais à des conditions très restrictives. Quelles seraient selon vous les nouvelles pistes de son extension à d’autres situations elles-mêmes préjudiciables à la santé des citoyennes ?
Dr Houcine El Ouardi :
Comme je l’avais signalé à plusieurs reprises, la législation actuelle sur l’avortement est sévère, très restrictive, discriminative vis-à-vis des femmes, dépassée et obsolète. Si bien entendu, cette Loi ne pénalise pas l’avortement lorsqu’il vise à sauvegarder la vie ou la santé de la mère, elle ne répond plus par ailleurs aux défis actuels de protection de la santé de la mère et de ses droits reproductifs.
Le Ministère de la Santé propose une solution dans un cadre plus large basé sur une approche globale, construite autour de trois axes :
  1. Prévenir les avortements clandestins à travers l’information, la sensibilisation et la communication autour de l’éducation sexuelle et reproductive.
  2. Faciliter l’accès dans les structures sanitaires pour la prise en charge gratuite des complications des avortements clandestins et faciliter l’accès à la pilule d’urgence en cas de viol. Leur faciliter l’accès aux soins appropriés est en soi un aspect élémentaire des droits de l’Homme, dont doit jouir toute femme en situation d’être confrontée à un avortement clandestin, qui pourrait certainement lui être fatal.
  3. Réviser la Loi sur l’avortement.

L’amendement de la Loi ne devrait pas uniquement se baser sur la nécessité de sauvegarder la vie et la santé de la mère, mais devrait également lever les sanctions appliquées en cas d’avortement à la femme victime de viol ou d’acte incestueux, dans les cas de malformations fœtales sévères et dans les cas de grossesses chez des femmes souffrant de maladies mentales handicapantes.
Cet amendement, à mon sens, ne peut être fait sans l’ouverture d’un débat sage et serein autour de la problématique de l’avortement entre toutes les parties concernées et qui prend en considération toutes les caractéristiques de la société marocaine.
Dans ce sens, le ministère de la santé avait organisé le 11 mars 2015 une rencontre nationale sous le thème « l’avortement : Encadrement législatif et exigences de la sécurité sanitaire » qui a permis l’ouverture d’un débat national loin de toute tension et auquel ont participé toutes les parties prenantes.
Cette rencontre a été un espace de concertation autour de la question de l’avortement entre les différents représentants des départements gouvernementaux, les institutions nationales, les oulémas, les experts, les médias, les médecins, les organisations non gouvernementales, le CNDH et les organisations internationales.
La récente intervention de Sa Majesté le Roi Mohammed VI et ses orientations claires qui s’inscrivent dans le cadre de l’interaction royale permanente avec les préoccupations des citoyennes et citoyens au sujet des questions sociétales, est d’un grand secours pour le débat national enclenché. En restant en parfaite harmonie avec les principes de la religion Islamique, de l’éthique sociale et en accompagnement à l’évolution que connaît la société marocaine, le Code pénal sera amendé dans l’optique de préservation de la dignité de la femme marocaine et en conformité avec les principes des droits de l’Homme, reconnus par la communauté internationale.
Nous sommes donc particulièrement confiants quant aux résultats de ces concertations et consultations avec la société civile et les acteurs concernés et, bien sûr, le ministère de la santé et ses services veilleront à ce que soient appliquées les dispositions de la loi dans le cadre du droit positif.
Votre département a récemment organisé une journée d’étude sur cette question, quelles en furent les principales conclusions ? Seraient-elles susceptibles d’être prises en compte dans la nouvelle configuration de l’article sur la légalisation de l’avortement ?
Le débat du 11 mars a été fructueux et a permis de ressortir un nombre important de conclusions qui reflètent l’avis des différentes parties qui ont participé à ce débat.
Dans ce dossier, la priorité numéro 1 pour le Ministère de la Santé est de travailler sur la prévention primaire et secondaire du risque de l’avortement clandestin et de réduire ses conséquences fatales sur la santé des mères.
En tant que médecin de la santé publique et Ministre de la Santé, je suis profondément convaincu de la nécessité de prévenir, prévenir et encore prévenir ce risque qu’est l’avortement clandestin, qui se passe très souvent dans de très mauvaises conditions ne respectant nullement les moindres règles de sécurité pour la femme et bafoue gravement sa dignité humaine.
Je suis également persuadé que la législation ne peut à elle seule résoudre ce problème. D’ailleurs, les pays qui ont compté uniquement sur une Loi anti-avortement sans lui assurer des mesures d’accompagnement, ont échoué à la faire réussir et continuent d’enregistrer des chiffres désolants de mortalité maternelle et des issues sociales catastrophiques pour les femmes avortées.
Parmi les recommandations retenues à l’issue des travaux de cette rencontre, et qui auront certainement un impact positif sur la société marocaine, figure la nécessité de se baser sur une approche globale reposant sur la prévention des grossesses non désirées pour réduire le recours à l’avortement clandestin, en plus de la facilitation de l’accès des femmes à la prise en charge des complications de l’avortement clandestin et la mise en place d’un cadre réglementaire adapté.
En outre, le besoin de développement des programmes d’éducation sexuelle et reproductive appelle à la conjugaison des efforts de l’école, des parents, des organisations de la société civile et du Ministère de la Santé. De même que la facilitation de l’accès à l’information sanitaire pour toutes les franges de la société, ainsi qu’à des services de planification familiale de qualité et la disponibilité de la contraception d’urgence au niveau des unités de prise en charge des femmes victimes de violence.
Au-delà des moyens très nombreux aujourd’hui de contraception, est-il souhaitable que « la pilule du lendemain » soit plus amplement distribuée, notamment dans les Centres de Santé ou, à tout du moins, commercialisée à un prix plus abordable que celui d’aujourd’hui ?
Le Ministère de la Santé met en œuvre un certain nombre de mesures pour répondre aux besoins de la population dans le domaine de la contraception et ce afin de contribuer favorablement à la réduction de la morbidité et de la mortalité maternelle et infantile. A cet effet, des services, ciblant essentiellement les femmes mariées en âge de reproduction, sont offerts notamment des prestations de counseling, d’examen clinique et en mettant à leur disposition gratuitement une gamme diversifiée de produits contraceptifs (pilule oestro-progestative, pilule micro-progestative, dispositif intra utérin, injectables, préservatif) au niveau des structures publiques de santé.
Dans cette dynamique, les directives cliniques du Programme National de Planification Familiale (PNPF) sont régulièrement révisées et adaptées aux recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé. Ainsi, la contraception d’urgence est intégrée dans les directives cliniques du ce programme (PNPF) et dans les supports éducatifs destinés à la population. De même, elle est disponible au niveau des pharmacies d’officines.
Concernant sa disponibilité dans le secteur public, son acquisition est programmée dans le cadre du budget 2015 pour les unités de prise en charge des femmes victimes de violence, dans la perspective de l’étendre au niveau des établissements de soins de santé de base selon les moyens disponibles.
Alors que numériquement le bilan du RAMED est tout à fait remarquable, on note également des dysfonctionnements du fait de fraudes fréquentes et importantes ou encore à cause de l’incapacité des hôpitaux à émettre des factures. Qu’en pensez-vous ?
Le régime d’assistance médicale a célébré sa 3ème année de généralisation à tout le territoire du Royaume. Cette célébration a été marquée par un symposium international sur la couverture sanitaire des populations en précarité, organisé à Rabat les 13 et 14 mars 2015. Le bilan des trois années de généralisation a été satisfaisant aussi bien au niveau du processus d’éligibilité (le taux de réalisation avoisine 99 %) qu’au niveau d’accès aux soins, vu le nombre des prestations fournies aux bénéficiaires du RAMED dans les différents hôpitaux publics du Royaume.
Cette période de trois années pour la généralisation est considérée comme une durée record dans la vie d’une réforme de la couverture médicale, notamment pour les populations pauvres. A titre d’exemple, la réforme de la couverture maladie a pris 11 ans en Turquie et 10 années au Mexique, comme l’ont signalé les représentants de ces pays lors du symposium international.
L’apport du RAMED est indéniable en termes d’amélioration de l’accès aux soins au profit des bénéficiaires. 8.4 millions sont désormais couverts par ce régime sur les 8.5 millions prévus.
Voici quelques réalisations : Plus de 500.000 hospitalisations ; plus d’un million de consultations spécialisées annuellement ; plus de 880.000 prises en charge d’affections de longue durée et d’affections longues et coûteuses ; 1.5 million d’examens biologiques et des interventions chirurgicales lourdes et couteuses, comme les interventions sur cœur ouvert, les greffes de rein, de foie, de cornée, de moelle ou encore les poses d’implants cochléaires.
L’impact direct et majeur du RAMED est la réduction notable des dépenses directes des ménages aux soins. Cette diminution est de 38 % entre 2012 et 2014 dans trois régions : Tadla Azilal, Grand Casablanca et Meknès Tafilalet.
A cela s’ajoute la modernisation de l’administration que la mise en place du RAMED a permis, notamment la mise à niveau des Bureaux des admissions de hôpitaux, la mise à niveau de l’infrastructure informatique de 1420 structures administratives du Ministère de l’intérieur (Pachaliks, caïdats et annexes administratives). Néanmoins, des contraintes et des insuffisances continuent à entraver la prise en charge des bénéficiaires du RAMED.
Ces insuffisances se résument essentiellement en 4 points :
  1. L’insuffisance du financement, qui se répercute directement sur l’insuffisance en dotation de médicaments, particulièrement pour la prise en charge des affections de longue durée.
  2. La pénurie en ressources humaines
  3. Les insuffisances affectant les infrastructures et leur équipement en matériel médico-technique, qui grèvent la compétitivité des hôpitaux provinciaux, qui sont le premier recours pour les Ramédistes.
  4. Les dysfonctionnements touchant les systèmes de gestion, dont la non maîtrise du système de facturation au niveau des services d’accueil et d’admission des hôpitaux, et affectant de manière générale la gouvernance du RAMED.

Le ministère se penche sur ce besoin urgent d’attractivité des hôpitaux provinciaux à travers un large programme de mise à niveau. Les solutions que nous envisageons de mettre en place pour remédier à ces insuffisances se résument comme suit :
-      Sur le plan du financement du RAMED : pour la première fois, un financement sécurisé via la Caisse de Cohésion Sociale est intégré à la Loi de Finances. Ce financement dédié au RAMED devra couvrir les couts des prestations, notamment hospitalières, ce qui permettra à l’hôpital d’améliorer son plateau technique et développer ses prestations.
-      Sur le plan de la gestion et de la gouvernance du RAMED : le Ministère de la Santé est en phase d’implantation de son système d’information informatisé dédié aux RAMED, sur une base déconcentrée, régionalisée et interconnectée avec le système d’information du Ministère de l’Intérieur.
-       Aussi, nous avons décidé au Conseil d’Administration de l’ANAM de la création d’un Organe indépendant de gestion du RAMED.
Enfin, le Ministère de la Santé  continuera durant l’année 2015, la mise en œuvre de la stratégie sectorielle 2012-2016 et qui a pour but  de poursuivre la généralisation du RAMED, en améliorant la gouvernance du régime, la qualité et l’équité des services fournis dans les établissements de  santé, l’accueil, l’accès aux services de santé en particulier, en matière des services de maternité sans risques et rendre les médicaments essentiels disponibles et abordables pour les classes sociales à faible revenu.
Vous êtes un ministre de la Santé très populaire et l’un des dirigeants du Parti du Progrès et du Socialisme. N’est-ce pas contradictoire de professer des opinions progressistes et dans le même temps d’ouvrir le capital des cliniques  privées aux milieux financiers et investisseurs qui n’ont rien à voir avec la Santé et la Médecine ?
Avant de répondre à votre question, j’ai quatre remarques de bon sens :
  1. Tout d’abord permettez-moi de préciser une question fondamentale, il ne s’agit nullement d’une libéralisation ni d’une privatisation du secteur public de la santé.
  2. Ensuite, il est important de préciser que notre souci principal est l’amélioration de l’offre de soins et de la qualité des prestations médicales dispensées dans les établissements de santé du secteur public, qui bénéficie essentiellement aux personnes pauvres et vulnérables, ne disposant pas d’assurance maladie.
  3. D’autre part, le Ministère de la Santé est convaincu qu’aucune solution aux dysfonctionnements et failles dont souffre le secteur de la santé ne peut exister hors du cadre d’un partenariat public-privé.
  4. Enfin, il s’agit ici d’une réorganisation et d’une restructuration du secteur privé qui va dans le sens de la promotion de la transparence et de la préservation du pouvoir d’achat des citoyens.

La nouvelle Loi sur l’exercice de la médecine permettra :
  1. Une amélioration et une diversification de l’offre de soins privée conformément à la carte sanitaire du pays (adoptée en Conseil de Gouvernement fin 2014)
  2. La création d’emplois dans les différents profils et métiers couverts par les investissements engagés pour développer et faire fonctionner les établissements de santé du secteur privé
  3. La promotion de la transparence : les cliniques privées sont tenues, aux termes de ce nouveau texte, d’afficher les prix des prestations qui y sont dispensées ; les noms et qualifications des professionnels de santé qui y travaillent, particulièrement les médecins spécialistes.
  4. Aux citoyens de savoir si la clinique adhère à la convention de l’Assurance maladie obligatoire (AMO)

De plus, le texte de Loi interdit formellement les pratiques illicites du « payement au noir » et du chèque de garantie.
En outre, la Loi va créer un environnement de compétitivité entre cliniques privées, qui bénéficiera aux citoyens en termes de qualité des prestations médicales, de baisse des prix et d’amélioration de leurs systèmes de gestion.
Nous nous attendons également à ce que cette réforme augmente l’attractivité des établissements de santé, non seulement pour les patients marocains, mais aussi pour les patients africains, qui traversent le ciel marocain pour chercher des soins en Europe, alors que nous avons les compétences et les capacités de les accueillir et les faire bénéficier des soins de qualité ici au Maroc.
L’esprit qui anime cette Loi est comment arriver à une ouverture des capitaux des cliniques privées à la fois aux investisseurs non médecins, et en même temps garantir et préserver l’indépendance professionnelle des médecins.
A ce titre, je peux vous assurer que le Ministère a pris toutes ses dispositions dont les principales se présentent comme suit :
  1. La direction de la clinique est assurée par un médecin ;
  2. La commission médicale d’établissement est composée exclusivement de médecins. Cette commission décide de trois choses :
    1. Le recrutement du personnel médical et paramédical de la clinique
    2. Les types de matériel médico-technique adéquat à acquérir au sein de la clinique
    3. Toutes les prestations médicales à offrir par la clinique selon les spécialités qui y sont représentées
  3. Le comité d’éthique composé de médecins et d’infirmières et infirmiers ;
  4. Le conventionnement entre les médecins et la clinique est conçu de manière à interdire toute intrusion des investisseurs non-médecins dans la décision médicale
  5. Interdiction du salariat médical dans les cliniques, ce qui renforce l’indépendance professionnelle des médecins et préserve ainsi l’éthique et la déontologie de la profession médicale.

 On constate que la « carte » médicale du Royaume est marquée par les inégalités. Nombre de provinces, de petites villes et même parfois de grandes agglomérations souffrent d’un manque de spécialistes alors que les lauréats de nos facultés s’entassent dans l’axe Casablanca, Rabat, Tanger. Comment remédier à cette situation ?
Effectivement, c’est un constat qui remonte à de longues années. Plusieurs mesures ont été mises en place pour y pallier, mais sans résultats satisfaisants, notamment la réservation des postes budgétaires au monde rural et les régions éloignées pour pallier les inégalités inter-régionales, l’amélioration des conditions de travail et de vie des médecins et des infirmiers en zones rurales, par l’affectation de logements de fonction, en plus de l’instauration de l’indemnité de zone et de la prime de responsabilité, malgré leurs insuffisances.
Même l’initiative 3300 médecins, lancée par le gouvernement de M. Jettou n’a pas pu être concrétisée.
Pour lutter contre ces insuffisances, il va falloir passer par une politique sectorielle claire, faisable et applicable sur le terrain.
Dans ce sens, nous avons une vision, des urgences et des priorités que je détaillerai ici.
Notre vision : Un partenariat public privé conçu et opérationnalisé selon les exigences de la carte sanitaire, et qui va attirer les investissements vers les zones sous couvertes, dites aussi « déserts médicaux ». Une politique audacieuse et transparente de gestion des ressources humaines en santé au niveau régional, dans le sens de plus de responsabilisation du niveau régional sur ces propres ressources humaines. L’idée ici est que nous ne voulons plus et il n’est plus soutenable que le Ministère de la Santé s’occupe de tout dans le système de santé : être à la fois dispensateur de soins, pourvoyeur de financements, régulateur et planificateur. Nous avons besoin, et c’est notre souhait partagé avec plusieurs acteurs du système, que le Ministère de la Santé soit uniquement Le Garant de l’équité dans la répartition de l’offre de soins, publique et privée, et le Garant de l’équité de tous face à l’accès aux soins.
L’urgence : Aucune solution ne pourra réussir si le système de santé ne prévoit pas une évolution vers la Couverture sanitaire universelle pour tous les citoyens. Nous avons commencé au Maroc en 2005 par la mise en place de l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO) qui couvre actuellement 34 % de la population. Ensuite, en mars 2012, le Maroc a élargi la couverture maladie aux pauvres et vulnérables non éligibles à l’AMO en généralisant le RAMED à l’ensemble du territoire national, après une phase pilote à Tadla Azilal entre 2009 et 2012. Aujourd’hui 28 % de la population est couverte par le RAMED. Il nous reste près de 40 % de la population à couvrir, faite essentiellement de travailleurs indépendants, de professionnels libéraux, pour lesquels les schémas de couverture maladie est soumis aux dernières retouches, ainsi que le régime de couverture des étudiants que je vais présenter en Conseil de Gouvernement dans une ou deux semaines.
Les priorités : J’ai pris à bras le corps la concrétisation de chantiers que je considère comme prioritaires pour le développement su système national de santé : le plan national des urgences médicales pré-hospitalières et hospitalières ; le plan de santé mentale et psychiatrique, la politique pharmaceutique nationale, le développement de l’infrastructure de soins de santé des différents niveaux ; des centres de santé aux centres hospitaliers et universitaires, selon la logique de planification et de régulation que la carte sanitaire nous apporte pour garantir l’équité entre régions et à l’intérieur des régions.
En conclusion : Les problèmes, les dysfonctionnements, les insuffisances et les failles que vit le système de santé sont profonds et structurels. Il va falloir leur opposer des solutions et des décisions audacieuses, dans le cadre d’une vision claire et qui déboucheront sur des résultats qui ne doivent pas être espérés à court terme, bien que des effets positifs sont désormais palpables. Les résultats doivent être attendus à moyen terme.
Je suis parfaitement conscient que certaines de ces solutions ne plairont pas à tout le monde, mais je persévère dans ma conviction qu’elles auront un effet bénéfique sur le système national de la santé et je veillerai comme toujours, à ce que chacun des acteurs des secteurs public et privé y trouvera sa contribution.
Entretien réalisé par Fahd YATA
 
_________________
DR IDRISSI MY AHMED
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MessagePosté le: Lun 6 Avr - 17:13 (2015)    Sujet du message: Publicité

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