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Privatisation de la médecine au Maroc : La finance contre la santé

 
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DR IDRISSI MY AHMED
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MessagePosté le: Dim 19 Jan - 00:22 (2014)    Sujet du message: Privatisation de la médecine au Maroc : La finance contre la santé Répondre en citant

 SANTÉ
 


Privatisation de la médecine au Maroc : La finance contre la santé




17.01.2014  


Le projet de révision de la Loi 10-94 relative à l’exercice de la médecine ouvrira la voie à la libéralisation des capitaux des cliniques, aux investisseurs. 
En d’autres termes, c’est un nouvel acte dans le processus de privatisation de la santé au Maroc. 






 

 
Panneau Santé à vendre / DR 

 
À l’occasion de la deuxième tentative d’introduction de ce texte controversé, le Pr. El Houssaine Louardi, ministre de la Santé, nous sort l’artillerie lourde. Il multiplie les sorties médiatiques pour avancer les arguments justifiant cette privatisation. Des thèses reprises avec complaisance par les médias. Dans le but de briser la pensée unique qui domine ce débat, prenons le temps de discuter et analyser les arguments du ministère de la Santé (MS).

Argument 1 : « Ce n’est pas une privatisation ». C’est une financiarisation de la santé 

 
« Ce projet ne vise pas à privatiser la santé », rassure le ministre de la Santé. Je confirme ! La santé au Maroc est déjà privatisée. Ce droit a été transformé en marchandise il y a plus de trente ans. Le FMI et son plan d'ajustement strucutrel (PAS) avec la bénédiction des différents gouvernements ont affligé à ce service public une cure d’austérité de deux décennies. 
Nous trainons encore les boulets des « succès » de cette politique. Une santé à deux vitesses s’est installée. Face à un secteur public agonisant, les citadins se sont tournés vers un secteur privé, dopé par les compétences du public. Donc ce projet n’est pas qu’une simple privatisation, c’est une opération de financiarisation du système de santé. Cette réforme ouvrira la voie aux fonds d’investissements détenus par les assureurs, les laboratoires pharmaceutiques des multinationales de la santé. Les financiers qui ont tenté le même coup du temps de Yasmina Baddou, frappent à la porte du Pr. Louardi, qui semble céder aux multiples pressions économiques et politiques. 

 
Argument 2 : « Les cliniques privées sont hors la loi ». C’est grave Docteur ! 

 
Dos au mur, le Pr Louardi déballe tout sur le secteur des cliniques. Et soudain ce secteur devient « hors la loi ». Il énumère ainsi une longue liste de manquements : les investisseurs sont déjà présents dans les capitaux des cliniques, les cliniques créées en SA ou Sarl sont dans l’illégalité, des médecins fonctionnaire au ministère de la Santé sont actionnaires des cliniques, etc… 
Apprécions ici la finesse tactique de Mr le ministre. Son travail de diabolisation des cliniques est une prolongation de l’image peu reluisante dont écopent ces structures auprès de l’opinion publique. Sauf que son raisonnement ne tient pas. Nous sommes devant un responsable public qui nous dit tout bonnement que l’Etat (Secrétariat général du gouvernement et le ministère de la Santé) pendant des années n’a rien pu contrôler et même quand des missions d’inspections ont lieu, elles n’ont pas été traduites par des sanctions administratives. Sa solution : « inviter des investisseurs non médecins pour assainir ce secteur ». Nous nous pouvons qu’être étonnés de cette fuite en avant. 
En lieu et place de ce projet de privatisation, le ministre de la santé devrait faire le bilan de trois décennies de marchandisation de la santé et de l’échec de l’Etat dans son rôle de régulateur et planificateur du secteur public. En une phrase : nous exigeons des deux départements de tutelle de rendre des comptes sur leur gestion de ce dossier des cliniques privées, par la même occasion nous expliquer comment ce secteur est resté « hors la loi » pendant toutes ces années ? 

 
Argument 3 : « La libéralisation drainera des investissements ». Une nouvelle dose de néolibéralisme ! 

 
Ce projet de privatisation a quelques « mérites » ! Primo, ce dossier met à nu l’uniformisation économique des acteurs politiques au Maroc en cours depuis le début des années 80. A droite comme à gauche, le libéralisme triomphe. Cette « réforme » a été portée au départ par une ministre istiqlalienne et elle est aujourd’hui défendue avec hargne par un ministre issu du PPS. Deuxio, ce projet révèle au grand jour la domination de la pensée néolibérale sur les faiseurs de la politique de santé. Pour Pr Louardi, cette privatisation de la médecine améliorera « l’attractivité du Maroc, drainera des investisseurs étrangers, créera des emplois, stimulera la concurrence entre les cliniques pour tirer la qualité vers le haut ». En somme, le bon vieux discours qui a prévalu pour privatiser les terres agricoles, le tissu industriel public et des services de bases. Le bilan de ce choix économique est très discutable. 
Ce qui est problématique, c’est de vouloir appliquer ce même raisonnement, théoriquement valable pour un secteur productif et lucratif, à un secteur social. Certes, le système de santé actuel dispose d’une composante privée lucrative. Cette partie désormais indispensable au bon fonctionnement du système a contribué à créer une santé à deux vitesses. La nouvelle tentative de privatiser d’avantage ce service social créera un système à trois vitesses. D’une part, le secteur public agonisant et débordé avec l’arrivée des RAMEDistes, le secteur privé actuel aux infrastructures vieillissantes et le prochain secteur financé par les financiers qui se dotera de villes médicales 5 étoiles. La barrière de l’argent et le type d’assurance maladie priveront la grande majorité des Marocains de ce système. 
D’ailleurs, les financiers n’investiront pas pour soigner la veuve et l’orphelin. Ils mettront le paquet pour se répartir le gâteau de 47,7 milliards de DH, que représente la dépense globale en santé au Maroc et plus spécifiquement le juteux marché des assurés du privé, du public et du semi-public, soit 44% de ce montant. Avec en prime, une décision médicale qui échappera aux professionnels de santé. Le diktat du marché, déjà omniprésent en santé, triomphera. 

 
Argument 4 : « C’est un moyen pour régionaliser l’offre de soins ». Un leurre ! 

 
Le troisième argument des promoteurs de la privatisation, c’est que ce projet permettra de réduire les écarts régionaux en offre de soins. Le ministre promet que ces investisseurs seraient prêts à s’installer dans les régions éloignées souffrant de déficit en personnel de santé et d’infrastructures de qualité. Cet argument ne résiste pas à la réalité du terrain. En octobre 2012, le groupe émirati Tasweek Real Estate Development and Marketing annonçait déjà la couleur. Cette société compte créer un « complexe touristico-médical » à Marrakech. Les prochains investisseurs feront de même. Il ne faut pas donner de faux espoirs aux Marocains sur les régions d’installation de ces financiers. Ces derniers privilégirons les régions où se trouvent des clients solvables, c'est-à-dire l’axe Rabat-Casablanca et les grandes villes (Tanger, Fès, Marrakech ou Agadir). Il est illusoire de croire que ces marchands de la santé iront s’installer dans des déserts médicaux (le Sud-est, l’Oriental ou le Rif), qui constituent aussi des régions où le pouvoir d’achat est très faible. 

 
Argument 5 : « Des lobbys s’opposent à cette réforme ». Un Front citoyen... 

 
Le dernier argument du ministre, c’est que les opposants à ce projet sont « des lobbys défendant des intérêts corporatistes », en l’occurrence les médecins et les professionnels de santé en général. A cette hypothèse, nous rétorquons ainsi : 44 organisations opposés à cette privatisation se sont regroupées au sein du Front national pour la défense de la santé (FNDS). Notre but : défendre la santé comme service public et social. C’est une première que des structures de la société civile d’horizons divers se réunissent sous le mot d’ordre du refus de la marchandisation de la santé. Dans cette large coalition, les professionnels de santé sont minoritaires, le « lobby » majoritaire est celui des citoyens signataires du texte d’Appel et qui disent de la même voix : Stop à la privatisation de la santé

 
En conclusion de ce premier essai de déconstruction de l’argumentaire du ministère de la Santé sur la libéralisation de la médecine, je considère le débat actuel salutaire. Pour une fois, nous avons l’occasion de remettre en cause le modèle dominant de gestion d’un service public. Dans les textes à venir, je tenterai de démontrer les risques de dérive que contient ce projet sur les soins et l’économie de santé au Maroc. Nous aurons l’occasion de montrer qu’un autre système de santé est possible, sans recourir à une marchandisation de ce secteur. En attendant, je vous invite à prendre part dans cette campagne contre la privatisation de la santé et à signer la pétition du Front.  http://www.attacmaroc.org 

 

Copyright Yabiladi.com http://www.attacmaroc.org

 
_________________
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MessagePosté le: Dim 19 Jan - 00:35 (2014)    Sujet du message: Privatisation de la médecine au Maroc : La finance contre la santé Répondre en citant

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 SANTÉ 

 Marrakech : Création d’une ville médicale pour riches touristes
23.10.2012 
 
 
 
Un complexe touristico-médical de 21 000m² à Marrakech sortira de terre dans les 6 prochains mois. La société émiratie Tasweek investit 341,2 millions de dirhams dans un secteur encore relativement peu exploité au Maroc.
/ DR,en
Une petite ville médicale va être construite par le groupe émirati Tasweek Real Estate Development and Marketing, à Marrakech, a annoncé Masood Al Awar, PDG de Tasweek, à Construction Week Online.com, hier, lundi 22 octobre. Le tourisme médical poursuit son développement au Maroc. Après la Clinique Malo, à Casablanca, l’an dernier, pour un investissement de 200 millions de dirhams, Tasweek prévoit d’investir 341 millions de dirhams, une « healthcare city ». « Nous avons déjà les autorisations pour faire une ville médicale ... Les éléments sont là : résidentiel, hôtelier et un hôpital », a annoncé Masood Al Awar, PDG de Tasweek.
La ville couvrira 21 000m², comptera un hôpital de 160 lits privés, un hôtel de charme de 40 chambres et 56 appartements résidentiels. Un investissement de cet ampleur dans le tourisme médical marocain par un opérateur émirati n’a rien de surprenant dans la mesure où ce secteur est fortement développé aux Emirats Arabes Unis. Les revenus du tourisme médical s’élevaient à environ 1,7 milliards de dollars en 2010, tandis que le secteur devrait croître d’environ 15 pour cent par an, selon Business Monitor International. Environ 15% des 500 000 en 2011 étaient des touristes médicaux, contre seulement 5 pour cent en 2009, indique The National.
Tourisme médical
La société Tasweek a choisi le Maroc, d’une part, parce qu’elle s’y est implantée dans le cadre de plusieurs projets d’envergure depuis l’an dernier et d’autre part parce qu’il présente un profile idéal pour le tourisme médical. « Le Maroc jouit de la proximité géographique avec l’Europe de l’Ouest et attire de nombreux Français. Le pays compte de nombreux atouts, dont une solide infrastructure touristique et un climat qui drainent des patients étrangers souhaitant combiner soins médicaux légers et séjours de convalescence dans des complexes touristiques », souligne Oxford Business Group dans sa fiche Maroc.
Pourtant, le pays n’est pas réellement connu comme une destination privilégiée du tourisme médical, contrairement à la Tunisie, par exemple. Cette activité « est encore embryonnaire. Chaque médecin travaille de son côté alors que le développement de cette activité exige une stratégie globale dans laquelle sont impliqués plusieurs départements ministériels dont le ministère du Tourisme et l’office national du tourisme, les tour opérateurs, les agences de voyage et les compagnies aériennes… », estime Mohammed Saâd Zemmouri, manager de Clinica Malo Casablanca, dans une interview au Soir, en décembre 2010. En 2011, le Maroc comptait 80 plasticiens et 10 cliniques spécialisées, selon Owford Business Group
Les secteurs médicaux à avoir le plus d’avenir au Maroc, sont ceux qui ne sont pas remboursés par les systèmes d‘assurance maladie en Europe. L’écart entre les prix pour le patient qui se fait opérer au Maroc et celui qui se fait opérer en France est alors le plus important. La chirurgie esthétique, les opérations des yeux au laser et les implants dentaires sont, par exemple, des domaines plus porteurs car moins remboursés en Europe.
 
Julie Chaudier auteur Yabiladi.com,en
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