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MÉDICAMENTS: POURQUOI IL N'Y AURA PAS DE GUERRE DES PRIX. ENTRETIEN AVEC

 
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DR IDRISSI MY AHMED
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MessagePosté le: Lun 19 Nov - 22:34 (2012)    Sujet du message: MÉDICAMENTS: POURQUOI IL N'Y AURA PAS DE GUERRE DES PRIX. ENTRETIEN AVEC Répondre en citant

Édition N° 3910 du 2012/11/19
MÉDICAMENTS: POURQUOI IL N'Y AURA PAS DE GUERRE DES PRIX 
ENTRETIEN AVEC ABDELGHANI GUERMAI,  
PRÉSIDENT DE L’ASSOCIATION MAROCAINE DE L’INDUSTRIE PHARMACEUTIQUE 

 






BAISSE DES PRIX: L’IMPACT POUR LE MALADE EST RELATIF
OFFICINAUX: «IL FAUT LEUR TROUVER DES MESURES COMPENSATOIRES»
RAMED:«LE MINISTÈRE DE LA SANTÉ MANQUE DE MOYENS»


























- L'Economiste: Vous êtes président de l’AMIP mais aussi pharmacien. Votre secteur a été particulièrement chahuté ces derniers mois, en particulier sur la question des prix?
- Abdelghani Guermai: Je pense qu’il s’agit plutôt d’une inquiétude que ressentent les industriels et les officinaux, inquiétude partiellement justifiée qui s’explique par un grand manque de communication. Je regrette aussi que ce climat continue à être amplifié par des informations erronées ou déclarations inappropriées sur la cherté des médicaments ainsi que sur l’éventuelle baisse de leurs prix. Il serait peut-être utile que les responsables de la direction de la pharmacie et les instances pharmaceutiques organisent des conférences de sensibilisation et de mise au point tant à l’attention des professionnels que des médias.
- Quelle est la portée de l'accord signé en juillet entre le ministère de la Santé et les groupements d'industriels: AMIP, MIS et AMMG?
- A ce sujet, toutes les parties concernées et en particulier les pharmaciens attendent de connaître les médicaments qui vont être touchés par une baisse et l’importance de cette baisse. D’abord, il faut rappeler que l’accord en question ne représente qu’une partie de la politique du médicament que le ministre de la Santé compte appliquer, politique nécessaire à toutes les parties et que nous attendons depuis quelques années. Le consensus obtenu entre la direction de la pharmacie et les associations industrielles AMIP, MIS (1) et AMMG (2) ne concerne que le volet industriel. L'accord ne traite pas que de la baisse des prix des médicaments, mais représente aussi un nouveau cadre pour calculer les prix des médicaments, cadre réglementaire absolument indispensable. Précision importante, l'accord ne concerne que le prix au niveau industriel PFHT (Prix fabricant hors taxe). Etant entendu que la TVA ainsi que les marges du grossiste et du pharmacien sont en cours de détermination avec les instances pharmaceutiques pour aboutir au PPM (Prix public Maroc), seul prix qui intéresse le malade. Ceci étant, vu que l’étude à faire et qui concerne quelques milliers de produits et différents acteurs n’est pas encore achevée, personne ne peut aujourd’hui connaître la nature des médicaments qui vont être touchés ni de combien.
- Quel impact redoutez-vous pour l'industrie ou les officinaux?
- Toute baisse impactera directement les industriels, les grossistes et les pharmaciens. C’est pour cette raison que toutes les parties ont demandé des mesures d’accompagnement afin de maintenir l’équilibre de la profession et éviter toute perturbation dans l’approvisionnement et dans la gestion des stocks à tous les niveaux (pharmacies, grossistes et laboratoires). En ce qui concerne les confrères pharmaciens, tout le monde est unanime pour affirmer qu’au moins 60% parmi les 12.000 que compte le Maroc se trouvent dans une situation de plus en plus précaire. Pour éviter toute aggravation, il faut leur trouver des mesures compensatoires. L’AMIP demeure solidaire avec les confrères officinaux et fera le maximum dans la limite de ses possibilités pour sauvegarder leurs intérêts et leur avenir. D’ailleurs l’AMIP a convenu dans cet esprit d’un engagement de solidarité avec la FNSPM (Fédération nationale des syndicats des pharmaciens du Maroc).
- Vous parlez de crise alors qu'une baisse des prix devrait en principe doper les ventes de l’industrie et des pharmacies d'officine?
- La baisse des prix constitue un bénéfice, mais seulement pour certains malades. Pas tous! Je pense qu’il serait prudent d’attendre la finalisation des études et des concertations en cours pour pouvoir connaître réellement la baisse qui sera appliquée et en tirer l’impact concret au niveau de l’industrie, du pharmacien et du malade.
A mon avis, ladite baisse ne sera pas significative et ses répercussions sur l’accessibilité et sur l’évolution du marché seront limitées. Car les médicaments ne seront pas tous touchés et de toutes les manières la baisse ne sera pas uniforme sur tous les produits. Pour les patients disposant d’une mutuelle, nous n'envisageons aucun gain direct important. Quant aux 70% de concitoyens défavorisés et ne disposant d’aucune couverture, l’éventuelle baisse ne changera pas la situation. Ceci étant, il est juste que les médicaments à prix anormalement élevés soient réduits, tout comme ceux à des prix bas soient réévalués. Il me semble que les rapports effectués par la Commission parlementaire et le Bureau international BCG ont surestimé la baisse comme source importante du développement du marché pharmaceutique et de l’accessibilité aux soins. Dans tous les cas, je ne vois pas comment ce qui va être retiré de la poche des industriels et des officinaux va passer chez les 70% de démunis et leur offrir une accessibilité!?
- Vous semblez relativiser l’importance des chantiers ouverts depuis 4 ans…
- Non. Le ministère de la Santé, la direction de la pharmacie et tous les professionnels du médicament ont enregistré des résultats positifs et prometteurs: d’abord l’installation d’un partenariat de travail transparent et efficient. Ensuite, l’accord signé le 11 juillet 2012 constitue un cadre réglementaire important et indispensable. Cette nouvelle procédure pour déterminer les prix permettra une visibilité meilleure aux industriels et une transparence pour tous.
Enfin, la régulation des prix telle qu’elle est en train de se faire est vraiment positive et permettra de clarifier définitivement le climat pharmaceutique national dans toutes ses composantes. Ceci étant, il faut rester pragmatique: les handicaps dont nous avons parlé ne seront pas éliminés pour autant et il sera nécessaire de trouver d’autres alternatives. Le développement du générique constitue une source incontournable et sûre tant pour l’accessibilité, qui reste l’un des objectifs principaux, que pour l’évolution du marché. Force est de constater, malheureusement, qu’aucune stratégie concrète n’est mise en place à ce jour pour favoriser et avantager le secteur du générique. La consommation du générique ne dépasse toujours pas 30% alors qu’elle devrait se situer aux environs de 60 à 70%. Par ailleurs, l’AMO n’est pas au rendez-vous non plus! Enfin, compte tenu des réalités nationales et des effets de la crise, le pays a besoin d’autres possibilités plus directes et plus conséquentes pour venir en aide aux personnes les plus démunies, tel le Ramed.
- Vous exprimez quelques réserves sur le Ramed. Pourquoi?
Le Ramed est un programme grandiose et salutaire: il s’agit d’une initiative royale, la seule qui soit en mesure de prendre en charge et gratuitement quelques millions de nos concitoyens. Vous comprenez qu’un tel projet exige des compétences et des moyens importants: humains, logistiques et techniques… dont ne dispose pas le ministère de la Santé actuellement. Selon ce dernier, la proposition d’intégrer les industriels, grossistes et pharmaciens pour la mise en oeuvre de ce vaste programme est à l’étude: ce qui est rassurant et encourageant pour toutes les parties. J’espère, pour ne pas dire que j’en suis sûr, que tous les confrères saisiront cette opportunité exceptionnelle pour contribuer au succès de ce magnifique projet.
Citation:
60 ans d’expérience à préserver
Le patron de l'AMIP se dit particulièrement remonté contre ce qui s'apparente pour lui à  une véritable cabale contre le secteur, avec parfois des raccourcis où,  là,  les attaques ciblent la qualité du médicament, ici,  critiquent le manque d'éthique de la profession.


"Toutes les opérations: fabrication, importation, distribution sont exécutées selon les standards internationaux et en totale conformité avec la loi", souligne Guermai qui ne manque pas de prendre la défense des officinaux. "Malgré les difficultés qu’ils vivent quotidiennement, ils exercent leur métier avec compétence, professionnalisme et abnégation", rappelle-t-il. Après tout, cette solidarité tient à la nature même de l'activité. "Tous les opérateurs de la pharmacie constituent une seule chaîne, une seule organisation, sans aucune aide particulière, qui prend en charge à 100% toutes ses prérogatives. La fabrication, l’importation, la distribution, la dispensation sont absolument assurées 365 jours sur 365 jours dans toutes les régions du Maroc et à tous les niveaux: patients, hôpitaux, cliniques. Il s’agit d’une réussite de 60 ans d’expérience qu’il faut préserver". Ces enjeux semblent avoir été compris par le ministre de la Santé El Haussaine Louardi. La qualité du travail avec son équipe est d'ailleurs saluée.  "La nouvelle administration du ministère de la Santé a mis en place un bon partenariat avec toutes les composantes de la profession; laissons-les mener les études sans précipitation et que l’on cesse de se focaliser négativement sur le prix du médicament qui ne représente qu’une minime partie de cette problématique". Pour Guermai, une telle focalisation ne peut que freiner le développement et les investissements au niveau des industriels, et créer un climat d’incertitude et de crainte au niveau des officinaux". 


Propos recueillis par Mohamed BENABID
(1) Maroc Innovation santé: association qui regroupe les multinationales pharmaceutiques
(2) Association marocaine du médicament générique
_________________
DR IDRISSI MY AHMED
aamm25@gmail.com
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MessagePosté le: Lun 19 Nov - 22:34 (2012)    Sujet du message: Publicité

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