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Schizophrénie : Une maladie ingérable... qui se soigne

 
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Hannibal
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MessagePosté le: Sam 31 Mar - 22:42 (2012)    Sujet du message: Schizophrénie : Une maladie ingérable... qui se soigne Répondre en citant

«Mon fils avait 16 ans lorsque je l’ai senti complètement changé. Il est devenu nerveux, colérique, intenable. Je pensais à une crise d’adolescence tout simplement. Il était devenu violent, frappait sa sœur alors qu’il a toujours été un enfant calme et discret.

Yassine était devenu l’ombre de lui-même et pendant deux ans nous n’avions pas compris qu’il était schizophrène. Ce n’est que lorsque sa santé s’est dégradée, qu’il a commencé à avoir des hallucinations, à s’isoler dans sa chambre pour pleurer ou encore à changer d’humeur et à commencer à avoir un discours incohérent. Sa grande sœur a décidé d’agir et de l’emmener voir un psychiatre. Après avoir consulté 3 médecins différents, le 4e lui sauva la vie». Il s’agira du Docteur Ben Brahim. Mina n’oubliera jamais ce que le neuro-psychiatre a fait pour son enfant qu’elle observait dépérir et souffrir sans pouvoir faire quelque chose.
«La famille du schizophrène est souvent perdue, ne sachant comment régir puisque les réactions insensées des patients peuvent très bien passer pour des caprices ou une simple crise d’adolescence», explique le Dr Benchekroun, psychothérapeute qui à eut affaire à plusieurs familles de patients. «Fatigués, et à bout de souffle, les parents et les frères et sœurs sont souvent à plaindre, plus que le patient lui-même», continue le spécialiste. En effet, le traitement est long, la patience et l’endurance sont deux termes essentiels pour la famille des patients puisque les schizophrènes nécessitent une surveillance rapprochée alors que paradoxalement, ils sont difficiles à calmer ou à contrôler.
La schizophrénie est une maladie, qui est provoquée par des modifications au niveau du fonctionnement du cerveau. Ce trouble touche surtout les jeunes personnes, hommes et femmes, qui sont en pleine période de développement, entre 15 et 25 ans. Hallucinations, délires et perturbation de la logique de la pensée sont les symptômes aigus de la maladie. Les personnes atteintes de schizophrénie ont plutôt tendance à être vulnérables et fragiles. La maladie ne se guérit pas toujours, mais elle se soigne. Le traitement au Maroc a pris de l’ampleur et plusieurs choses sont faites pour améliorer les conditions des malades. «Mon fils est malade depuis l’âge de 14 ans, il en a 37 aujourd’hui», explique Madame Trachen, présidente de l’association Amali. «Il y eut une énorme évolution dans le traitement, et plusieurs hôpitaux aujourd’hui prennent bien en charge les patients, chose qui n’existait pas à l’époque», continue la même source.

Un mal progressif
La présidente de l’association ne veut pas voir d’autres familles vivre le même calvaire qu’elle a vécu au début de la maladie de son fils, une maladie ingérable et difficile à comprendre. Pour ce faire, elle a créé en 2009, un programme psycho-éducatif pour accompagner les familles à communiquer avec la personne atteinte, gérer le quotidien ou cerner les possibilités de traitements. La maladie peut être progressive, s’étalant sur quelques semaines ou quelques mois, par contre, elle peut aussi apparaître très soudainement.

Les signes de la schizophrénie sont souvent mal compris et provoquent souvent la peur chez les autres. Bien que cette maladie ne disparaisse jamais, elle peut souvent être maîtrisée grâce à des soins médicaux appropriés et au soutien de la famille. Les neuroleptiques, même les plus récents, semblent n’influencer significativement la manifestation que des «symptômes» survenant pendant les crises (symptômes dits «positifs»), comme l’angoisse, l’agitation, les hallucinations et les idées délirantes. Les symptômes dits «résiduels» ou «négatifs», c’est-à-dire ceux qui éventuellement persistent entre les «crises florides» ou «crises productives», soit l’apathie, l’indifférence, le manque de motivation, la passivité, le manque d’initiative, la froideur des sentiments, l’indécision, le repli sur soi et le retrait social semblent beaucoup plus rebelles à la plupart des médicaments disponibles aujourd’hui. La médication doit être individuellement adaptée à chaque cas, tant en ce qui concerne le type de médicament que pour la posologie (la quantité, la dose). Ceci requiert donc des essais préalables, qui peuvent être plus ou moins nombreux. Cela voudrait donc dire qu’il n’est jamais possible de prédire si, chez tel malade, tel ou tel médicament sera efficace. Il faut d’abord l’essayer.
Ainsi, la famille vit la maladie autant que le patient. Un mal qui ronge, un mal qui dure, un mal qui change l’être aimé, mais un mal qui peut se soigner comme tout autre mal…




Explications : Dr Karoumi Bouchaïb, psychiatre et auteur de l’ouvrage «Les schizophrénies au Maroc», publié en 2010
«Ne pas suivre le malade dès le début rend difficile la prise en charge» 
Comment a évolué la maladie dans l’esprit des Marocains ces dernières années ?
La maladie existe dans la population marocaine comme dans toutes les sociétés. Les Marocains n’utilisent pas forcément le terme Schizophrénie, mais c’est une maladie reconnue par la population marocaine, quel que soit le niveau social et éducatif. Les familles des villes ou d’un niveau éducatif élevé seront plus curieuses et connaîtront plus le terme. D’ailleurs, la presse joue un rôle très important dans la vulgarisation de la maladie, c’est une source d’information importante. Bien souvent, au Maroc, la Schizophrénie est considérée comme un phénomène qui ne relève pas de la médecine. On préfère emmener le patient chez les marabouts ou guérisseurs avant de le ramener, car on attribue la maladie à la sorcellerie. Mais on voit de plus en plus de personnes avoir recours au psychiatre.

Connaît-on les causes de la schizophrénie ?

On sait maintenant que la schizophrénie est une maladie dont les causes relèvent d’un modèle biopsychosocial. Ce qui veut dire que des facteurs génétiques sont à l’origine de la transmission de la maladie, anomalie au niveau du cerveau, perturbations cognitives, composantes biologiques qui se manifestent et qui sont présentes dès la naissance sous la forme d’une prédisposition. Cette prédisposition peut être génétique ou familiale et vouée à évoluer pour se manifester vers l’adolescence en fonction de certains facteurs : familiaux, sociologiques, niveau de stress, l’environnement… Chaque facteur n’explique pas à lui seul la maladie, c’est un tout.

Quels sont les traitements possibles ?

Le traitement dépend de la forme de la schizophrénie. Il existe les formes négatives de la maladie où les patients sont des personnes calmes, repliées sur eux-mêmes, qui n’ont pas beaucoup de contact avec les gens par opposition aux formes positives, où il y a des idées délirantes, des hallucinations auditives ou visuelles, troubles de comportement. La tranche d’âge la plus touchée va de l’adolescence jusqu’à 25 ans. Le traitement dont on dispose actuellement varie selon plusieurs approches.
Tout d’abord le traitement pharmacologique, efficace pour les formes positives : hallucinations, troubles de comportement. Chaque patient doit avoir un traitement adapté à sa situation.
Et puis, il y a les psychothérapies qui vont permettre d’aider le patient à comprendre sa maladie, à en prendre conscience et à l’aider à gérer sa vie quotidienne et les manifestations de la maladie. Un autre niveau qui n’existe pas au Maroc : Ergothérapie. Il s’agit de l’intégration par le travail et l’apprentissage en développant des activités réservées à des patients afin de leur apprendre un métier et d’être autonomes.

Justement, sur le plan des soins, qu’est-ce qui ne va pas au Maroc ?

On ne voit pas les malades à un niveau précoce. Souvent les familles attendent parce qu’elles n’ont pas accès aux soins médicaux ou qu’elles ont eu recours à d’autres pratiques. Le fait de ne pas suivre le malade dès le début rend difficile la prise en charge. D’autre part, les médicaments sont trop chers et inaccessibles à un bon nombre de patients et leurs familles. Troisième difficulté, beaucoup de patients n’ont pas les ressources et ne sont pas reconnus dans leur maladie, sont toujours dépendants de la famille. Il y a un manque au niveau des structures surtout au niveau de l’accompagnement et de la remédiation cognitive. Il n’y a malheureusement aucune mesure pour faciliter la réintégration de ces jeunes patients, réel handicap pour beaucoup de patients et pour leurs familles.

Peut-on guérir de la schizophrénie ?

Quand on est bien suivi et quand on suit le traitement qu’il faut, le jeune patient dans beaucoup de cas, vit d’une manière normale et en pleine possession de sa capacité mentale. Une vie normale certes, mais avec un suivi et accompagnement continus, car les risques de rechutes sont fréquentes. Considérée comme une maladie chronique, le traitement de la schizophrénie est de longue durée. Le patient a toujours besoin d’être suivi pour garder une certaine stabilité.

Repères Deux fois plus répandue que la maladie d’Alzheimer.
Cinq fois plus répandue que la sclérose en plaques.
Six fois plus répandue que le diabète insulinodépendant.
Soixante fois plus répandue que la dystrophie musculaire.
Les schizophrènes c’est 10% à 20% des personnes emprisonnées. En agissant mieux et dès les signes d’alerte, on éviterait des drames et la prison à beaucoup de détenus.
C’est 30% à 60% des sans domicile fixe. En agissant plus précocement et plus efficacement, beaucoup de personnes vivraient mieux et les cités seraient plus humanisées.
Environ 10% des personnes souffrant de schizophrénie meurent par suicide.




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MessagePosté le: Sam 31 Mar - 22:42 (2012)    Sujet du message: Publicité

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