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PR EL HOUSSAINE LOUARDI : MINISTRE DE LA SANTÉ.

 
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DR IDRISSI MY AHMED
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MessagePosté le: Lun 5 Mar - 21:57 (2012)    Sujet du message: PR EL HOUSSAINE LOUARDI : MINISTRE DE LA SANTÉ. Répondre en citant






PR EL HOUSSAINE LOUARDI :

MINISTRE DE LA SANTÉ.



Doctinews N°41 Février 2012




Tout juste nommé à la tête du ministère de la Santé, le Pr Louardi est déterminé à améliorer la santé. Les actions urgentes sont identifiées et des mesures concrètes devraient rapidement émerger.




 
Pr Louardi 




 

 

 

 

 

 

 

 
‘‘ LA SANTÉ ET LE BIEN-ÊTRE DES CITOYENS REPRÉSENTENT UN INVESTISSEMENT POUR LA SOCIÉTÉ. IL DOIT ÊTRE DIRIGÉ VERS LES SOLUTIONS LES PLUS EFFICACES. ’’ 
  
 
 Doctinews. Les citoyennes et citoyens ainsi que l’ensemble des intervenants du secteur de la santé attendent beaucoup de votre nomination en qualité de ministre de la Santé. Quelle est votre vision globale de la santé ?

Pr El Houssaine Louardi.
 J’ai une vision selon laquelle la santé et le bien-être des citoyens représentent un investissement pour la société et, comme tout investissement, il doit être dirigé vers les solutions les plus efficaces. Cependant, je tiens à insister sur un point fondamental. Il est facile de critiquer, mais il ne suffit pas d’appuyer sur un bouton pour résoudre tous les problèmes. Il n’existe pas un pays au monde qui puisse prétendre et affirmer avoir résolu ou mis en place tous les mécanismes permettant de disposer d’un système de santé sans faille. Les dysfonctionnements alarmants existent partout, mais tout est relatif. L’insuffisance vue par le professionnel marocain n’est pas la même que celle perçue par le professionnel français ou américain. La presse est acerbe et sévère au Maroc, en France ou aux Etats-Unis, mais l’ampleur des insuffisances n’est pas la même. 
Ce qui nous est demandé, ce que nous devons faire, c’est améliorer. Nous n’avons pas le droit de décevoir les citoyens marocains. Notre proposition s’articule autour d’un travail collaboratif pour offrir à la société un système de santé efficace et performant, qui contribue à la consolidation des liens sociaux par l’approfondissement de la valeur, de la solidarité et, surtout, de la confiance au sein de la communauté marocaine. Mon souci, en tant que responsable, est d’assurer la continuité de ce qui a été mis en place, de capitaliser, de consolider les acquis et d’apporter, en toute modestie, la touche d’un gouvernement qui travaille de manière cohérente, concertée, solidaire et complémentaire. Je ne jette pas la pierre à mes prédécesseurs, bien au contraire. Je tiens à souligner l’excellent travail accompli par Maître Yasmina Baddou et toute son équipe. J’étais associé à de nombreuses commissions en qualité de médecin et j’ai vu le travail s’accomplir sous mes yeux. De nombreux chantiers ont été ouverts et des résultats ont été obtenus. Prenons l’exemple de la mortalité maternelle et infantile. Nous sommes passés de 227 à 112 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes, soit moitié moins de décès. La mortalité infantile a diminué également et ces réalisations nous aideront à atteindre les objectifs du millénaire. 
Cependant, malgré tout le chemin parcouru, le secteur de la santé au Maroc présente encore des indicateurs de dysfonctionnements alarmants. 

À quoi attribuez-vous ces dysfonctionnements ?

Comparativement à des pays à économie similaire, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) juge sévèrement la réactivité de notre système national de santé qui est considérée comme faible, voire même très faible et nous classe en fin de peloton parmi ces pays. Je pense que les raisons en sont multiples et j’en citerai trois. 
Tout d’abord, l’extrême complexité de notre système de santé qui se caractérise par la multiplicité des intervenants qui travaillent sans concertation, sans coordination, sans harmonisation ni complémentarité de leurs activités. 
Ensuite, le financement du système de santé qui est faible et fragmenté. Je prends un exemple très simple. Dans le cadre du financement, il existe de multiples intervenants comme l’AMO (Assurance maladie obligatoire), le Ramed (Régime d’assistance médical aux économiquement démunis…), l’AMI (Assurance maladie pour les indépendants) qui ne fonctionne pas, un projet en préparation pour les étudiants au niveau du ministère de l’Emploi et de la formation professionnelle… L’AMO et le Ramed consacrent par ailleurs un système à deux vitesses puisque les bénéficiaires de l’AMO peuvent être soignés aussi bien à l’hôpital que dans une clinique alors que les bénéficiaires du Ramed ne peuvent être traités qu’à l’hôpital. Or, la solidarité passe par la mutualisation des risques. Il faut aller vers la mise en place d’une caisse commune universelle où les gens riches paieront pour les pauvres, les plus jeunes pour les plus âgés, les gens en bonne santé pour ceux qui sont malades, les personnes en activité paieront pour les étudiants… Si nous poursuivons dans cette voie de la fragmentation -qui plus est, fragmenter un système faible- nous courons à la catastrophe. 
Enfin, le troisième aspect qui me paraît fondamental, et je le dis avec courage et modestie, c’est l’absence d’une politique agressive et cohérente en matière de santé dans notre pays. 


Quelle est votre stratégie pour remédier à ces dysfonctionnements ?


Les objectifs de notre stratégie consistent à proposer aux citoyennes et aux citoyens des soins de santé dont ils pourront bénéficier au moment opportun, selon leurs besoins et non pas selon leur capacité de paiement, à travers des services de santé de qualité, efficaces et sécurisés et, surtout, axés et centrés sur le patient.
Il est difficile de raisonner en termes de priorité car, en matière de santé, tout est prioritaire. Cependant, nous avons identifié une dizaine d’actions qui nous semblent urgentes. 
J’ai cité plus haut trois grands dysfonctionnements, mais je souhaiterai, ici, rappeler un certain nombre d’indicateurs alarmants qui motivent l’urgence de nos actions. 
Le taux de mortalité maternelle est passé de 227 à 112 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes et le taux de mortalité infantile est passé de 40 à 37 pour 1 000. Ces résultats sont encourageants, mais encore insuffisants. Le taux de mortalité en pré-hospitalier, c’est-à-dire de citoyens victimes d’un grave accident de la route qui meurent sur le lieu de l’accident ou au cours de leur transport en ambulance avant d’arriver à l’hôpital, atteint 63 %. Le taux d’occupation moyen de nos hôpitaux ne dépasse pas 56 %, c’est-à-dire qu’un lit sur deux est vide. Vingt pour cent de la population la plus riche au Maroc consomme 56 % des soins alors que 20 % de la population la plus pauvre n’en consomme que 3 %, soit un décalage entre les pauvres et les riches de 1/19. L’effort de participation des ménages au financement des soins s’élève à 58 %. Chacun d’entre nous sait que lorsqu’un proche est hospitalisé, la contribution à apporter est de 58 %. La couverture médicale ne dépasse guère 30 %. Il n’y a pas de politique de prise en charge des urgences ni de politique de prise en charge de la santé mentale. L’iniquité dans l’offre et l’accès aux soins entre les différentes régions, mais également entre le milieu urbain et le monde rural, persiste. Les chiffres du ministère révèlent que 31 % de la population réside à plus de 10 km d’un centre de santé tout en sachant que plus de 140 établissements de soins sont fermés faute de matériel, de personnel. Nous sommes face à un problème de gouvernance. Nous connaissons un déficit qualitatif et quantitatif en matière de professionnels de santé. L’OMS nous classe parmi les 57 pays au monde qui connaissent une pénurie aiguë en personnel de santé. Notre ratio est de 5,4 médecins pour 10 000 habitants, celui de la Tunisie de 12, celui de l’Algérie de 13 et, en Europe, il s’élève à 34, voire même à 43 dans certains pays. L’exécution du crédit alloué au ministère de la Santé est faible. Nous revendiquons une augmentation du budget, mais il faut savoir que l’exécution du budget dans certains secteurs ne dépasse pas 48 %, soit la moitié seulement. Il est encore question ici de bonne gouvernance. Parlons maintenant du centralisme. Les directions régionales n’ont de régionales que le nom. Toutes les décisions sont prises à Rabat, sans déconcentration. Nous évoquons une stratégie issue d’une politique du médicament. Mais de quelle stratégie parlons-nous ? Pour décliner une stratégie, il faut au préalable une politique du médicament et de la pharmacie qui n’existe pas au Maroc. Le code du médicament et de la pharmacie que j’ai lu est obsolète et je ne pense pas qu’il ait été mis en place par les pharmaciens eux-mêmes. Un exemple, selon ce code, les cliniques peuvent disposer d’une pharmacie. Ce qui signifie donc que les médecins qui exercent sont à la fois fournisseurs de soins et vendeurs de médicaments. Une situation anormale et illogique. Autre exemple, il est précisé dans le code que les pharmaciens doivent être assistés par des préparateurs en pharmacie. Or, l’école de santé publique chargée exclusivement de les former ne parvient pas à satisfaire les besoins du secteur public. Alors, où allons-nous les trouver ? Et que deviendront les 4 000 personnes employées actuellement dans les pharmacies qui ont été formées sur le tas ? Seront-elles mises à la rue ? 
Enfin, un dernier point de dysfonctionnement concerne l’intervention directe de l’Etat par l’intermédiaire du ministère de la Santé dans ce secteur qui va du rôle de prestataire de services à celui de pourvoyeur de financement, de régulateur et de planificateur. Il est donc juge et partie !


Quelles sont les actions urgentes que vous avez identifiées ?

Il me semble primordial de renforcer le rôle institutionnel du ministère de la Santé. Il faut que le ministère joue son rôle de garant de l’équité, terme important dans l’offre et dans l’accès aux soins. Ce rôle de garant de l’équité s’applique à la distribution de l’offre, à la réglementation, à la régulation qui doit être formative et non autoritaire comme ce qui se passe actuellement. Je suis catégoriquement opposé au fait de mener une guerre contre les médecins, mes confrères. Au contraire, nous sommes là pour les sensibiliser afin qu’ils adhèrent à notre programme et qu’ils se l’approprient. Ce renforcement institutionnel passe également par la démocratisation des soins, la démocratisation sanitaire. Aujourd’hui, dans un centre hospitalier universitaire (CHU), le médecin décide de l’admission d’un patient, il prescrit les examens complémentaires à pratiquer, il facture… Cette situation n’est pas normale. Je pense qu’il est temps que la société civile intègre la gestion, fasse au minimum partie des conseils d’administration et participe aux grandes décisions qui sont prises dans le secteur de la santé. 

Deuxième point, qui me paraît essentiel, nous devons rendre aux citoyennes et aux citoyens la confiance dans le système de santé marocain par des mesures qui ne nécessitent pas d’argent. Il s’agit notamment de la moralisation du secteur. Une convention a été signée dans le cadre de la lutte contre la corruption et des recommandations ont été formulées qui ne sont pas encore mises en application. Il s’agit également d’améliorer l’accueil, l’information, de veiller à la propreté dans les hôpitaux, de mettre à disposition des médicaments et du matériel et permettre le droit à la santé consacré par la nouvelle Constitution. Pour y parvenir, nous allons généraliser immédiatement le Ramed et nous y travaillons jour et nuit. Huit millions et demi de Marocains sont concernés par ce dispositif qui doit leur permettre d’accéder à des soins de qualité et d’être servis dans nos hôpitaux sans qu’il leur soit demandé de l’argent. Nous devons également tout mettre en œuvre pour réduire la part supportée par les ménages dans le financement de la santé. Elle s’élève actuellement à 58 % et ne devrait pas dépasser 20 %, voire même moins avec le Ramed et la mise à disposition des médicaments. 

Un autre axe de travail concerne l’instauration de la régionalisation pour aboutir à une efficience gestionnaire et économique. Je ne veux plus voir ce système de régionalisation fictif. Les directions régionales de la santé auront pour mission la planification, la coordination, la gestion basée sur les résultats, la collaboration intersectorielle, la participation communautaire, la gestion du partenariat public/privé qui démarre timidement et, surtout, la gestion des ressources humaines, matérielles et financières. Nous ne pouvons plus tolérer qu’il y ait des directeurs régionaux dans les différentes régions et que les ressources humaines, matérielles et financières soient gérées à partir du ministère. 
Nous allons travailler au développement d’une politique de proximité dans la prise en charge des urgences hospitalières et pré-hospitalières par la réorganisation, la restructuration, la normalisation des ambulances et, surtout, la mise en place et le fonctionnement des services d’aide médicale urgente (Samu). Les Samu seront marocains, avec des spécificités marocaines, en tenant compte des spécificités culturelles, sociales et, surtout, économiques. 

Nous devons mettre en place une politique du médicament et de la pharmacie avec un nouveau système de fixation des prix du médicament, investir dans le médicament générique en adoptant une démarche formative, former à la faculté pour montrer aux futurs médecins l’intérêt des génériques, les sensibiliser à les prescrire et non pas leur imposer la prescription. Nous allons instaurer des mécanismes pour protéger les médicaments essentiels et de très grande utilité pour la population. Par exemple, je pense que les prix des médicaments essentiels qui concernent des pathologies telles que le diabète, le cancer, les maladies cardiovasculaires… doivent être maintenus constants, voire même abaissés. En contrepartie, nous pourrions, par exemple, envisager de libérer relativement les prix des produits de confort ou de semi-confort, l’objectif essentiel étant de protéger le pouvoir d’achat de la population et de lui garantir un accès suffisant aux médicaments que je qualifierais d’indispensables et d’essentiels. Nous allons mettre en place et revoir les mécanismes réglementaires qui permettent d’ajuster la politique de remboursement dans le cadre de l’assurance maladie. Il n’est pas normal, il n’est pas logique de rembourser certains produits coûteux alors qu’il existe le marché des produits à un prix inférieur. Nous allons promouvoir la rationalisation de la consommation de médicaments du citoyen par une information correcte et transparente et, surtout, rationaliser la prescription. Un rapport de l’Institut central de lutte contre la corruption parle de l’immixtion de certains laboratoires dans la prescription. Nous devons rationaliser la prescription des médecins en renforçant l’éthique en matière de publicité et de marketing. 
Un autre point dont j’ai parlé tout à l’heure concerne la santé mentale. Nous devons affecter plus de postes budgétaires à la psychiatrie et, surtout, mettre fin à la psychiatrie asilaire en intégrant la santé mentale dans la pratique médicale quotidienne. La maladie psychiatrique est une maladie comme les autres et il faut combattre la stigmatisation et la discrimination de ces citoyens malades et leurs familles. Nous devons intégrer la santé mentale dans toutes les structures hospitalières régionales et pas uniquement au sein des établissements spécialisés. Les structures doivent être de dimensions humaines, ouvertes et gérées de manière souple. Nous allons également développer des partenariats avec des ONG nationales et internationales. 

Un autre axe de travail concerne la valorisation, la motivation et l’implication des personnels de santé, de tous les personnels. Ils sont au centre de tous les progrès et constituent la majorité du personnel au sein d’un CHU. Or, la loi leur interdit de faire partie du conseil d’administration. S’il n’est pas possible, dans l’immédiat, d’améliorer leur statut social en augmentant les salaires, bien que cela fasse partie de mes préoccupations, nous devons les valoriser en les associant aux décisions, en assurant une formation médicale continue… Nous devons aussi impliquer les médecins dans les soins de première ligne puisque nous allons aller vers une offre de soins par paliers dans le cadre de l’assurance maladie pour éviter une ruée vers les hôpitaux universitaires et de deuxième et troisième niveau.

Nous allons développer le partenariat public/privé dont j’ai parlé tout à l’heure. Le ministère a déjà entamé un travail dans ce sens avec les centres de dialyse. Chaque année, nous attribuons au secteur privé une enveloppe de 263 millions de dirhams pour prendre en charge les patients du secteur public. Et malgré ces efforts conjoints, des patients sont déjà sur liste d’attente. Il faut consolider cette expérience et s’en inspirer. Prenons par exemple le cas d’une région qui dispose de deux chirurgiens dans le secteur public et de trois dans le secteur privé. Nous ne pouvons pas demander à deux chirurgiens qui exercent dans le secteur public d’assurer les gardes à eux seuls. C’est inhumain et anti-éthique. En revanche, à cinq, c’est-à-dire en associant les chirurgiens du secteur privé et grâce à un système de roulement, le rythme de garde serait acceptable et profitable à tout le monde, patients compris. Nous devons travailler en collaboration, dans le cadre d’une action concertée, planifiée et basée sur la complémentarité. J’ai cité l’exemple de la dialyse ou de la garde, mais je pense également à l’optimisation du matériel médical. 
Parmi les autres actions que je considère urgentes figurent la consolidation et le renforcement des programmes de prévention et les programmes de lutte contre les maladies transmissibles -le Maroc est un exemple en ce qui concerne la mise en place du calendrier vaccinal- et les maladies non transmissibles telles que le diabète, l’insuffisance rénale, les maladies cardiovasculaires, le cancer. Dans ce domaine, je tiens particulièrement à saluer l’Association Lalla Salma de lutte contre le cancer et son implication remarquable. J’ai visité le centre d’onco-hématologie de Marrakech qui est l’un des premiers en Afrique en matière d’équipement et de compétences humaines. 

Nous devons également mettre en place des actions dans le cadre d’une vision à long terme. Dans ce sens, la recherche est un élément fondamental. Elle passe par la création d’un observatoire de santé dont les missions seraient d’abord d’identifier les besoins et les priorités en matière de recherche dans notre pays, de veiller à la mobilisation des fonds nécessaires pour le financement, de veiller à la diffusion et à l’utilisation des résultats de cette recherche et, surtout, élaborer un cadre juridique adéquat pour promouvoir la recherche en matière de santé. Tout le monde fait de la recherche. Malheureusement, cette discipline n’est pas encadrée, le statut de chercheur n’existe pas. Avec mon collègue du ministère de l’Enseignement supérieur et tous mes partenaires, nous allons tout mettre en oeuvre pour instituer un statut de chercheur au Maroc et prioriser les matières et les pôles de recherche dans notre pays.

Enfin, nous allons engager des réformes institutionnelles. Il s’agit d’un sujet auquel je tiens personnellement car, pour aller vers la régionalisation, la déconcentration, nous devons disposer d’un cadre qui permette de créer, d’entraîner un nouveau partage des rôles entre les niveaux local et central. Il s’agit, également, de la réforme du financement du système national de santé pour aller vers la solidarité, la mutualisation des risques et, surtout, pour augmenter le financement global du système de santé. Ces réformes institutionnelles s’appliquent au partenariat public/privé avec pour objectif d’asseoir une véritable politique de partenariat pérenne entre les deux secteurs en matière de prestations de soins et de services. Elles visent également la réforme hospitalière, nécessaire pour améliorer la qualité des prestations de nos hôpitaux, la mise à niveau de nos bâtiments, équipements… Vous savez que dans le cadre du financement de l’AMO, les hôpitaux publics ne perçoivent que 6 % des dépenses, 94 % partent vers le secteur privé car nous ne sommes pas compétitifs. Nous le sommes au niveau des compétences, mais pas au niveau de l’accueil, de l’équipement …

Enfin, dernière réforme essentielle, la réforme juridique. Il s’agit du plus gros chantier qui vise à actualiser l’arsenal juridique existant. Dans le cadre de l’assurance maladie, en particulier, un grand nombre de circulaires et de décrets sont passés uniquement par le gouvernement. Il faut absolument les revoir avec les partenaires et les syndicats, les valider et, surtout, concevoir d’autres textes juridiques pour accompagner les nouvelles réformes. 


Les chantiers sont nombreux. Comment comptez-vous vous organiser pour les mener à bien ?

Nous travaillons avec les directeurs centraux pour créer différents groupes de travail. Par ailleurs, nous avons retenu l’idée d’organiser un forum de la santé auquel tout le monde participerait, c’est-à-dire aussi bien les professionnels de la santé, le personnel administratif et de soutien, les partenaires, les syndicats, les ONG, la communauté, les malades, les citoyens… Nous allons écouter tout le monde, permettre aux idées d’émerger, et les valider ensemble pour élaborer une véritable charte de santé qui sera le programme du ministère de la Santé.

La démarche peut demander un peu temps ?

En pratique, nous devons écouter la rue. Elle a besoin d’actions concrètes et immédiates qui concernent la vie de chaque jour. Nous n’allons pas attendre le forum pour améliorer l’accueil aux urgences, par exemple. Et je pense que personne ne nous le reprochera. Nous devons rapidement prendre des mesures pour améliorer l’accès aux médicaments. En revanche, les grandes orientations politiques, les grandes décisions devront émerger du forum. 


Pour atteindre vos objectifs, l’implication de nombreux acteurs est nécessaire. Êtes-vous confiant ?

Pour accéder aux soins, il faut des routes, pour lutter contre les épidémies de diarrhées, il faut de l’eau potable… L’inter-sectorialité est nécessaire dans beaucoup de domaines. La santé est un maillon de la chaîne. L’ensemble du gouvernement est engagé dans la lutte contre la corruption, la moralisation du secteur, le développement social… Nous sommes une équipe soudée, nous travaillons dans la complémentarité et dans la transparence la plus totale. Je vais dire aux citoyens ce que nous pouvons faire, là où nous rencontrons des difficultés et je ne le ferai pas en restant dans mon bureau.


Vous allez également avoir besoin d’argent ?

Oui. Mais avant de demander de l’argent, nous devons consommer ce dont nous disposons. Cela étant, nous aurons besoin d’argent. C’est le nerf de la guerre. La santé est un secteur social et, si le gouvernement veut, si nous voulons donner un signal fort à la population et aller de l’avant, nous devrons insister sur notre politique budgétaire. Notre objectif consiste à améliorer, il faudra nous accorder un peu de temps, mais je m’y engage.







_________________
DR IDRISSI MY AHMED
aamm25@gmail.com
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MessagePosté le: Lun 5 Mar - 21:57 (2012)    Sujet du message: Publicité

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